jeudelangage.eu
langage modélisation interaction (clinique) dont la visée est la pertinence avec l'interlocuteur notamment, la caractérisation de l'objet de la transaction pour lui, en particulier les conditions de (non) possibilité de cet objet.
Atelier

 

 

 

 

 

 

Analytique des Jeux de Langage (AJL)

 

 

Un samedi après-midi par mois de 14h30 à 17h30 se tient un atelier où nous examinons ensemble nos ouvrages, les questions que nous nous posons à leur sujet, les réponses que nous pouvons y apporter et d’autre part nous y apprenons à améliorer notre pratique de l’entretien (clinique).

S’y inscrire: le premier pas dans l’atelier ?

contact at jeudelangage.eu      (merci de mettre @ à la place de at)

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Atelier 260817

« Nous avons donc ici à examiner, non pas le jugement mais les jugements; non pas l’acte de croire, mais la chose crue. Quel est l’objet immédiat de la croyance dans la proposition? Quel est le fait signifié par la proposition? Quelle est, quand j’émets une proposition, la chose à laquelle je donne mon assentiment et pour laquelle je réclame celui des autres? Qu’est-ce, enfin qui est exprimé par la forme du discours appelée  Proposition, et dont la conformité avec le fait constitue la vérité de l’assertion? » John Stuart Mill, Système de logique, Mardaga 1988, p 98.

L’analytique d’une situation ne nous offrirait-elle pas l’occasion d’illustrer cela dans un entretien dont l’objet est les conditions de (non) possibilité des problèmes posés, notamment les conditions de (non) possibilité du problème posé dans/par le jeu de langage du locuteur?

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Atelier 220717

« … les modèles mathématiques ne sont valables que dans un cadre donné et trouvent leurs limites d’autant plus rapidement qu’ils ne prennent pas en compte suffisamment d’éléments de la situation qu’ils sont censés décrire » Edouard Thomas, Louis Esch, Michel Criton, Tangente, courrier des lecteurs, mai-juin 2017 n°176 p 2.

Il n’en serait pas de même d’un modèle dialectique discursif?

L’analytique d’une situation ne nous offrirait-elle pas l’occasion d’illustrer cela dans un entretien dont l’objet est les conditions de (non) possibilité des problèmes posés, notamment les conditions de (non) possibilité du problème posé dans/par le jeu de langage du locuteur ?

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Atelier 100617

 

« il m’arrive de douter, de ne pas savoir quel chemin prendre, et dans ce cas là je m’assois et je regarde longuement mon béret vert. Je ne dirai pas que c’est un miracle mais étrangement tout redevient dans l’ordre ». Fabien in Victor Ferreira Bertand Constant Légionnaire Mareuil Editions 2016 p 123

Cette façon de dire et de faire de Fabien pour que « tout redevient dans l’ordre » ne montrerait-elle pas à quel point il est primordial de faire décrire par quelqu’un ses façons de dire et de faire dans sa résolution de son problème?

L’analytique d’une situation ne nous offrirait-elle pas l’occasion d’illustrer cela dans un entretien dont l’objet est les conditions de (non) possibilité des problèmes posés, notamment les conditions de (non) possibilité du problème posé dans/par le jeu de langage du locuteur ?

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Atelier 130517

«J’ai engagé André pour faire ce que je ne savais pas faire, pas pour perdre mon rôle. (…) J’ai l’impression de revivre certains chapitres de mon histoire familiale. En 1950, des officiers de la marine française avaient tenté de déposséder mon grand père de son invention du bathyscape. Puis mon père s’est fait contester la paternité de ses sous-marins par des collaborateurs (…). C’est un sujet sensible et il faudra que j’arrive à le résoudre mieux que mon père et mon grand père (…). ». Bertrand Piccard André Borschberg, Objectif soleil, l’aventure SOLARIMPULSE, Stock 2017 p 80.

L’analytique d’une situation ne nous offrirait-elle pas l’occasion d’illustrer les propos supra dans un entretien dont l’objet est les conditions de (non) possibilité des problèmes posés, notamment les conditions de (non) possibilité du problème posé dans/par le jeu de langage du locuteur ?

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Atelier 150417

« regardez le passé ne vous y abîmez pas«  Michael Durant, Steven Hartov J’étais el pilote du faucon noir Editions Altipresse 2012 p 332

L’analytique d’une situation ne nous offrirait-elle pas l’occasion d’illustrer les propos supra dans un entretien dont l’objet est les conditions de (non) possibilité des problèmes posés, notamment les conditions de (non) possibilité du problème posé dans/par le jeu de langage du locuteur ?

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Atelier 180317

 

« Qui veut connaître les hommes, leur monde et leur vie doit leur demander « comment ? » plutôt que « pourquoi ? ». Telle est la leçon que l’américain Howard Becker, sociologue mais aussi pianiste a tirée de sa pratique de chercheur et d’artiste. Mettons que vous enquêtiez sur les fumeurs de marijuana, dit Becker dans un livre intitulé Les ficelles du métier (la Découvert 2002). Alors ne leur demandez pas : « pourquoi fumez-vous du shit ? » mais : « comment avez-vous commencé à fumer ? » et de manière générale, privilégiez la souplesse de la description sur les rigidités de l’explication ; (…) comment va la vie ? A quel rythme ? A travers quels gestes ? (…) ». Jean Birnbaum, Le Monde 211016 p 1.

L’analytique d’une situation ne nous offrirait-elle pas l’occasion d’illustrer les propos supra dans un entretien dont l’objet est les conditions de (non) possibilité des problèmes posés, notamment les conditions de (non) possibilité du problème posé dans/par le jeu de langage du locuteur ?

 

 

 

 

 

Atelier 250217

« trouver n’est pas facile si vous ne savez pas comment faire » traduction libre de « It isn’t easy to find things out if yu don’t know how » clara in Sarah HELM If this is a woman. Inside Ravensbrück : Hitler’s concentration Camp for Women London Little Brown,2015, p 648.

  L’analytique d’une situation ne nous offrirait-elle pas l’occasion d’illustrer les propos supra dans un entretien dont l’objet est les conditions de (non) possibilité des problèmes posés, notamment les conditions de (non) possibilité du problème posé dans/par le jeu de langage du locuteur ?

 

 

 

 

 

Atelier 210117

(à propos du rêve fondateur de la théorie de l’inconscient collectif), «  comme pour tout rêve, il s’agit d’une image à laquelle il est impossible d’avoir directement accès, puisque nous ne pouvons connaître les rêves d’autrui que par le récit qu’ils en font, les images oniriques nous demeurant elles-mêmes absolument inaccessibles. Du reste, il n’est même pas possible de prouver qu’un songe a bien eu lieu, que son souvenir ne résulte pas d’un dysfonctionnement de la mémoire, que le récit qui nous en est fait décrit bien une image vue en dormant et qu’il ne s’agit donc pas d’un faux souvenir. » ; Jean-Loïc Le Quellec, Jung et les archétypes. Un mythe contemporain. Editions sciences humaines 2013 p 152.

L’analytique d’une situation ne nous offrirait-elle pas l’occasion d’illustrer les propos supra dans un entretien dont l’objet est les conditions de (non) possibilité des problèmes posés, notamment les conditions de (non) possibilité du problème posé dans/par le jeu de langage du locuteur ?

 

 

 

 

 

 

Atelier 171216

« Plus on s’approche des conditions dans lesquelles (les gens) donnent effectivement et réellement du sens aux objets et aux évènements plus notre description de ce sens sera juste et précise ». Howard S. Becker Les ficelles du métier. Ciomment conduire sa recherche en sciences sociales. La découverte 2002 p 42.

L’analytique d’une situation ne nous offrirait-elle pas l’occasion d’illustrer les propos supra dans un entretien dont l’objet est les conditions de (non) possibilité des problèmes posés, notamment les conditions de (non) possibilité du problème posé dans/par le jeu de langage du locuteur ?

 

 

 

 

 

 

 

Atelier 261116

« Car écouter est une chose, mais faut-il encore en tirer partie. » Jean-Claude DELHEZ La France espionne le monde (1914-199). Les exploits des briseurs de codes, Economica 2014 p 360.

L’analytique d’une situation ne nous offrirait-elle pas l’occasion de saisir en quoi consisterait « écouter » (quoi écouter, quoi relever) et d’autre part en quoi consisterait « en tirer partie » (tirer partie de ce qui est relevé)  dans un entretien dont l’objet est les conditions de (non) possibilité des problèmes posés, notamment les conditions de (non) possibilité du problème posé dans/par le jeu de langage du locuteur ?

 

 

 

 

 

 

 

 

Atelier 151016

« A quel moment l’analyse doit-elle s’arrêter pour éviter que l’analyste ne donne l’impression d’avoir basculé dans le rôle du ventriloque qui fait dire n’importe quoi à sa marionnette? »  John SCHEID Jesper SVENBRO, La tortue et la lyre, Dans l’atelier du mythe antique, CNRS éditions 2014 p159.

L’analytique d’une situation ne nous offrirait-elle pas l’occasion de saisir des éléments de réponse à cette interrogation supra dans un entretien dont l’objet est les conditions de (non) possibilité des problèmes posés, notamment les conditions de (non) possibilité du problème posé dans/par le jeu de langage du locuteur ?

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Atelier 240916

« La question était : quoi faire de toute cette connaissance. Les météorologistes devraient-ils poursuivre jusqu’à ce qu’ils en tirent les lois fondamentales de l’atmosphère – les lois qui gouvernent le temps qu’il fait- tout comme Newton avait révélé les lois qui président aux marées ? Ou devraient-ils tirer des conséquences pratiques de ce qu’ils ont appris ? » traduction libre de « the question was what to do with all this knowledge. Should meteorologists continue until they ground out atmospheric laws -the laws that controlled the weather- just as Newton had revealed the laws that governed the tides ? Or should they turn what they had learnt to some practical use ? » Peter MOORE The weather experiment The pioneers who sought to see the future Chatoo &Windus Londres 2015 p 5.

L’analytique d’une situation ne nous offrirait-elle pas l’occasion d’illustrer par quelles façons de dire et de faire exploiter cette interrogation supra dans un entretien dont l’objet est les conditions de (non) possibilité des problèmes posés, notamment les conditions de (non) possibilité du problème posé dans/par le jeu de langage du locuteur ?

 

 

 

 

 

 

 

Atelier 230716

« Il y a autant de formes d’addiction que d’individus et pas de psychologie universelle du junkie » jo NESBO, le monde, rencontre, page 10, 18122015.

L’analytique d’une situation ne nous offrirait-elle pas l’occasion d’illustrer par quelles façons de dire et de faire exploiter cette affirmation supra dans un entretien dont l’objet est les conditions de (non) possibilité des problèmes posés, notamment les conditions de (non) possibilité du problème posé dans/par le jeu de langage du locuteur ?

 

 

 

 

 

 

Atelier 180616

 » (…) s’en tenir au texte, aux mots (…) «  Eric Chevillard,  propos recueillis par joseph Andras http://bibliobs.nouvelobs.com/romans/20160602.OBS1734/entretien avec avec l’écrivain qui a dit non à l’Académie Goncourt.

L’analytique d’une situation ne nous offrirait-elle pas l’occasion d’illustrer les propos d’Eric Chevillard et par quelles façons de dire et de faire le mot, le texte pourraient être tout de même exploités dans un entretien dont l’objet est les conditions de (non) possibilité du problème posé dans/par le jeu de langage du locuteur ?

 

 

 

 

 

 

 

Atelier 280516

 

« (…) le mot n’est que le bégaiement de la chose. L’écrivain croit nous révéler le monde, il le redouble inutilement. Il prétend en sonder les gouffres, seule sa rumeur lui revient en écho. ». Eric CHEVILLARD, Le Monde du livre 080116, p 8.

L’analytique d’une situation ne nous offrirait-elle pas l’occasion d’illustrer les propos supra et par quelles façons de dire et de faire le mot pourrait être tout de même exploité dans un entretien dont l’objet est les conditions de (non) possibilité du problème posé dans/par le jeu de langage du locuteur ?

 

 

 

 

 

Atelier 160416

« (…) il suffit de prendre la peine de lire les textes. Mon livre n’est pas une œuvre de fiction. (…) C’est le résultat de trois ans de lecture attentive (…) Donc, il faut lire, mais comme des documents et non comme des monuments.(…) ». Hela Ouardi « La vraie mort de Mahomet ». Propos recueillis par Catherine Golliau Publié le 14/03/2016 à 13:46 | Le Point.fr

L’analytique d’une situation ne nous offrirait-elle pas l’occasion d’illustrer en quoi le texte est d’un grand intérêt pour ce qui concerne un entretien dont l’objet est les conditions de (non) possibilité du problème posé dans/par le jeu de langage du locuteur ?

 

 

 

 

 

 

 

Atelier 190316

 

« – (…) Tu sais il y a trois jours, à Mlango Moja, j’ai vu Ben Laden? .

(..) . Ce Ben Laden là est un éléphant mâle d’humeur ombrageuse qui patrouille en solitaire sur les rives du lac. « il est très très méchant », insistent les archers.

– Boki, lui dis-je, est-ce que tu sais qui est vraiment Ben Laden?

-Evidemment…

– C’est qui ?

– Un éléphant qui vit là bas, au sud du lac.(…) ». Alexandre Kauffmann, Black Muséum, Flammarion, 2015 pp 171 172.

 

L’analytique d’une situation ne nous offrirait-elle pas l’occasion d’illustrer en quoi ce genre d’échange est d’un grand intérêt pour ce qui concerne un entretien dont l’objet est les conditions de (non) possibilité du problème posé dans/par le jeu de langage du locuteur ?

 

 

 

 

 

 

 

Atelier 200216

 » Une démonstration consiste en général à montrer qu’un énoncé est vrai, c’est-à-dire qu’il est vérifié dès que les hypothèses sont remplies (…) . Parfois, il est important au contraire de prouver la fausseté d’un énoncé. Sa négation, c’est-à-dire l’affirmation qu’il est faux, consiste donc à exhiber un exemple qui le contredit: c’est ce que l’on appelle un contre-exemple. »  B. HAUCHECORNE, Tangente Les démonstrations,  La preuve par le contre-exemple (1) Editions Pole novembre 2015 hors série n°55, p 17.

L’analytique d’une situation ne nous donnerait-elle pas l’opportunité d’illustrer ces propos bien entendu pour ce qui concerne un entretien dont l’objet est les conditions de (non) possibilité du problème posé dans/par le jeu de langage du locuteur ? en quoi cette façon de faire présenterait-elle de l’intérêt pour l’entretien dont il est question supra?

 

 

 

 

 

 

Atelier 230116

« (…) en amont les instruments qu’on utilise pour établir des projections ou construire des modèles sont souvent fragiles, étant entendu que s’appuyer sur une théorie est un préalable à toute analyse (…). » Marc FERRO : L’aveuglement Une autre histoire de notre monde Taillandier 2015 p 86. 

L’analytique d’une situation ne nous donnerait-elle pas l’opportunité d’illustrer ces propos bien entendu pour ce qui concerne un entretien dont l’objet est les conditions de (non) possibilité du problème posé dans/par le jeu de langage du locuteur ?en quoi ce préalable serait-il inévitable? Comment pallier à ces fragilités afin de procéder à un jeu de langage le plus assuré possible ?

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Atelier 121215

« Car écouter est une chose, mais faut-il encore en tirer partie. » Jean-Claude DELHEZ,  La France espionne le monde (1914-199). Les exploits des briseurs de codes, Economica 2014 p 360.

L’analytique d’une situation ne donnerait-elle pas l’opportunité d’illustrer ces propos bien entendu pour ce qui concerne un entretien dont l’objet est les conditions de (non) possibilité du problème posé dans/par le jeu de langage du locuteur ?

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 Atelier 281115

 

Rµv  ½ gµv + Lgµv = kTµv

 

« cette équation a l’air bien mystérieuse, ce qui en fait certainement toute la poésie, mais elle est finalement assez facile à comprendre. Il suffit de savoir qu’à gauche du signe égal, ce sont des éléments géométriques qui décrivent la forme de l’espace-temps. A droite des éléments qui décrivent la matière, l’énergie… (…) On traduit habituellement cette équation en disant  » une masse courbe l’espace-temps » (…) »1

« Pour décrire cet étrange objet (les trous noirs) dans sa totalité, il faudrait disposer d’une théorie de la gravité quantique (…). Cette singularité a contraint les astrophysiciens à revoir toute la description des trous noirs (…). En physique tout objet peut être décrit par l’information qu’il comporte (…). La gravité quantique (…) décrit un modèle bien différent de celui prédit par la relativité générale (…). Tout  »objet » physique peut être décrit par des  »bits », cette unité de l’information que l’on traduit en suites de 0 ou 1 (…). Toute l’information peut être codée en série de 0 et 1. C’est en raison de cette similarité que l’on peut décrire l’intimité de tout objet physique avec des bits (…) la structure intime de la matière, est décrite par la physique quantique (…) la thermodynamique qui décrit les échanges de chaleur au sein d’un système (…).  » faute d’une théorie de gravité quantique (…) nous ne sommes pas en mesure de décrire le processus de la conservation de cette information » »2

L’analytique d’une situation ne donnerait-elle pas l’opportunité d’exploiter les concepts « décrire », « description »  dans un entretien dont l’objet est les conditions de (non) possibilité du problème posé dans/par le jeu de langage du locuteur ?

1- Eric CHARIOT : Cosinus, le temps… n’existe pas, la minute équation, septembre 2015 n° 274 p 13. C’est nous qui soulignons. Les parenthèses, leur contenu sont mis par nous.

2- Azar KHALATBARI : Sciences et Avenir, trous noirs les clés de l’univers, nouvelles cosmologie, définir les trous noirs avec des « 0 » et de « 1 », novembre 2015 n° 825 pp 34 35 37 38. C’est nous qui soulignons. Les parenthèses, leur contenu sont mis par nous.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Atelier du 311015

« Que me demande-t-on au juste ? Si je pense avant de classer ? Si je classe avant de penser ? Comment je classe ce que je pense ? Comment je pense quand je veux classer ? (…) Tellement tentant de vouloir distribuer le monde entier selon un code unique ; (…) Malheureusement ça ne marche pas, ça n’a même jamais commencé à marcher ; ça ne marchera jamais. (n’empêche que l’on continuera encore longtemps à catégoriser (…). » georges Pérec penser/classer Editions du Seuil 2003 pp 153 155.

 L’analytique d’une situation ne donnerait-elle pas l’opportunité d’exploiter cette remarque de Pérec, d’exploiter notre propension à catégoriser, classer dans un entretien dont l’objet est les conditions de (non) possibilité du problème posé dans/par le jeu de langage du locuteur ?

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Atelier du 12 septembre 2015

« Car écouter est une chose, mais faut-il encore en tirer partie. » Jean-Claude DELHEZ La France espionne le monde (1914-199). Les exploits des briseurs de codes, Economica 2014 p 360.

L’analytique d’une situation ne donnerait-elle pas l’opportunité de saisir en quoi pourrait consister « tirer partie » d’une écoute dans un dialogique qui se voudrait pertinente?

Cela ne consisterait-il pas d’abord à relever le ou les problèmes posés par le locuteur ainsi que les conditions de possibilité des dits problèmes avant de les éprouver?

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Atelier du 25 juillet 2015

« le langage n’est pas seulement utilisé dans un but informatif : il sert à exprimer des argumentations ». Frédéric NEF : Logique et langage essais de sémantique intensionnelle Hermès 1988 148.

L’analytique d’une situation illustrerait-elle en quelles façons de dire et de faire consisterait  » (le langage) sert à exprimer des argumentations », dans un entretien dont l’objet est la pertinence avec l’interlocuteur, son problème posé accompagné de ses conditions de (non) possibilité?

Par quelles façons de dire et de faire circonscrire:

– ces argumentations?

– dégager le problème posé, la solution indiquée grâce à elles?


 

 

 

 

Atelier du 27 juin 2015

« Le vrai est ce qui est vérifiable » Jean BERNARD, les deux privilèges Flammarion 1993 p 40.

L’analytique d’une situation illustrerait-elle en quelles façons de dire et de faire consisteraient « vérifier », « vérifié »…, dans un entretien dont l’objet est la pertinence avec l’interlocuteur, son problème posé accompagné de ses conditions de (non) possibilité?

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Atelier du 30 mai 2015

 

 

« chaque fois que j’entrais en scène et que je n’avais pas assez travaillé, je ne me sentais pas libre. De l’extérieur on ne se rend pas compte combien ce travail préparatoire peut être long et compliqué » Laura Hecquet, propos recueillis par Ariane Bavelier, Le Figaro, Laura Hecquet, nouvelle étoile, n°21 978 cahier n°3 le 070415 p 38.

Ce dire et de dit  ne nous fourniront-ils pas l’opportunité de mesurer « ce travail préparatoire (…) long et compliqué » effectué en amont des entretiens dont l’objet est la pertinence avec l’interlocuteur, son problème posé accompagné de ses conditions de (non) possibilité? « ce travail préparatoire qui peut être long et compliqué ne nous permet-il pas à nous aussi de dire « j’ai bien travaillé » et de nous sentir « libres », à l’aise dans nos entretiens,  « naturels », de demeurer pertinent avec l’interlocuteur, son problème posé accompagné de ses conditions de (non) possibilité, d’évoluer dans le monde possible décrit par son dire et son dit et grâce seulement à ce dire et ce dit justement, de l’explorer avec lui, guidé par lui, de l’éprouver avec lui  ?

Apprendre à effectuer l’analytique des jeux de langage, nous y entraîner pour maîtriser ce savoir faire ne constituent-ils pas « ce travail qui peut être long et compliqué », laborieux même?

 

Bien entendu, dans cet atelier nous procéderons aussi à l’analytique d’une situation.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Atelier du 18 avril 2015

« -Quels sont les paramètres importants à prendre en compte pour tenter de comprendre ?

« -Il faut partir des éléments validés (…) »1

Ces propos seront l’occasion pour nous de revenir sur quelques uns de ces signes, comprendre, prendre en compte, validé… Bien entendu nous  procéderons à l’analytique d’une situation.

1- Propos de Gérard Arnoux, ancien pilote d’A320, recueillis par Jean-Marc Leclerc : Le Figaro 250315 p 3

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Atelier du 21 mars 2015

 

« Quoi qu’on en dise, le livre a été sa thérapie. Et elle n’est pas guérie. Les mensonges continuent à la faire souffrir. »1

Cette citation nous fournira l’occasion d’échanger autour de « thérapie », « être guéri » et… comment travailler sur cette façon de dire et de faire : quel(s) est (sont) le(s) problème(s)  posé(s), quels sont les indices de solutions, combien d’ensemble serait à considérer dans un éventuel travail…?  Enfin nous procéderons à l’analytique d’une situation.

 

 

1- Catherine SCHWAAB, Valérie Trierweiler vengeance chapitre 2, Paris Match n°3419 271114 031214 pp 48 52.

 

 

 

 

 

 

 

Atelier du 14 février 2015

« La forme linguistique d’une équation est une proposition affirmative (…). On peut envisager de décomposer une proposition affirmative comme les équations, les inéquations et les expressions analytiques, en deux parties dont l’une est fermée sur soi et dont l’autre réclame un complément, est insaturée (…). La seconde partie est insaturée, elle traîne une place vide avec elle et ce n’est qu’après avoir rempli cette place par un nom propre ou une expression qui représente un nom propre qu’on voit naître un sens fermé sur lui-même. J’appelle ici encore fonction la dénotation de la partie insaturée. (…) Ce faisant, nous avons progressé (…) en élargissant le cercle des arguments possibles. Il n’y a plus lieu de se limiter aux nombres, on doit admettre comme argument tout objet, et j’inclus les personnes au nombre des objets. Les deux valeurs de vérité ont été précédemment introduites comme pouvant être les valeurs d’une fonction. Nous devons aller plus loin encore, et admettre sans restriction les objets comme valeurs de fonction. (…) La question est de savoir ce que l’on entend par objet (…) : un objet est tout ce qui n’est pas fonction, c’est ce dont l’expression ne comporte aucune place vide. Une proposition affirmative ne comporte aucune place vide, il faut donc voir dans sa dénotation un objet. Mais cette dénotation est une valeur de vérité. Les deux valeurs de vérité sont donc des objets. (…) Veiller à ce qu’aucune expression ne puisse être dépourvu de dénotation, à ce qu’on en puisse jamais calculer sans y prendre garde sur des signes vides tout en croyant opérer sur des objets, c’est là ce qu’exige la rigueur scientifique. (…) Eu égard aux concepts, il faut exiger que pour tout argument ils aient pour valeur une valeur de vérité, que pour tout objet il tombe ou non sous le concept. En d’autres termes, il faut que les concepts soient finement délimités, et si cette exigence ne pouvait être satisfaite il serait impossible d’établir les lois logiques qui les régissent. (…) L’exigence de la délimitation précise des concepts entraîne celle de la délimitation des fonctions en général ; elles doivent avoir une valeur pour tout argument. »1

Nous échangerons à propos de la citation de Gotlob FREGE ci dessus et nous procéderons à l’analytique d’une situation au moins.

1 Gottlob FREGE : Ecrits logiques et philosophiques, Paris, Seuil, 1991,91 sq.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Atelier du 17 janvier 2015

 

Nous échangerons à propos de la citation ci dessous de Christine Roussel et nous procéderons à l’analytique d’une situation au moins : « chacun de nous raconte et se raconte des histoires sans jamais savoir ce qu’il y a dans la tête de l’autre. »*

 *Christine Roussel, ELLE, Cinéma, grand prix cinéma ELLE, n°3586, 19092014 pp 89 94 p 22

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Atelier du 13 décembre 2014

 

Nous procéderons à l’analytique d’une situation au moins et nous échangerons autour des relations entre question (problème) et réponse (solution); l’enregistrement audio ci-dessous en constituera le point de départ: quels sont les questions posées par les différents protagonistes? quelles réponses sont-elles attendues? quelles réponses ont-elles été fournies? quelles conditions toute réponse devrait-elle satisfaire pour être pertinente?

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Atelier du 15 novembre 2014

 

 

 

Nous échangerons à propos de la citation ci dessous et nous procéderons à l’analytique d’une situation au moins :

« (…) chaque phrase peut servir à communiquer un nombre infini de pensées différentes. Il n’est donc pas possible de soutenir que la représentation sémantique d’une phrase correspond étroitement aux pensées qu’un énoncé de cette phrase sert à communiquer. (…). La distinction entre phrase et énoncé est capitale. Un énoncé possède un ensemble de propriétés, les uns linguistiques, les autres non. Un énoncé peut contenir le mot « chaussure », un pronom réfléchi, ou un adjectif trisyllabique ; il peut être dit dans un bus par une personne enrhumée qui s’adresse à un de ses amis. (…) La seule façon de faire en sorte que les malentendus (…) ne se produisent pas est de s’assurer que le contexte utilisé par l’auditeur est toujours identique à celui qu’escompte le locuteur. »1.

1 Dan SPERBER Deirdre WILSON : La pertinence communication et cognition Les Editions de Minuit 1989 22 33. (les italiques sont de D.S. et D. W.).

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Atelier du 11 octobre 2014

 

 

Nous échangerons à propos des citations ci dessous et nous procéderons à l’analytique de deux situations :

 

« il est toujours dangereux de mettre des mots dans la bouche de quelqu’un d’autre »1 (…) « (pour Cyril Branciard) ce que la théorie peut nous apprendre dépend de ce que nous voulons savoir. Et la façon dont nous cherchons à le découvrir. (…) Il semble que ce que nous pouvons savoir du monde dépend de la façon dont nous cherchons à le savoir. En ce sens on peut donc dire que nous choisissons le type de monde que nous voulons observer. »2

1Cyril BRANCIARD cité par Philip BALL, La Recherche, une incertitude incertaine ,octobre 2014 n°492 p 32
2Philip BALL La Recherche, une incertitude incertaine ,octobre 2014 n°492 pp 28 34

 

 

 

 

 

 

 

 

Atelier du 20 septembre 2014

 

Nous échangerons à propos de cette réflexion de Brigitte Lahaie ci dessous et nous procéderons à l’analytique de deux situations :

« La plupart des gens sont engloutis dans leurs émotions. J’essaie de donner du concret. On n’imagine pas à quel point ils ont besoin de conseils pratiques ! Les psy n’en donnent pas assez. Je me dois d’être bonne pédagogue, de me mettre au niveau de la personne qui est au bout du fil. L’essentiel c’est le langage. On peut parler sexe de façon claire mais sans choquer. »1

1- Brigitte Lahaie in Irène Frain, Docteur sexualité et force tranquille, Paris Match,n°3405 21 27 août 2014 p97 100

 

 

 

Atelier du 21 juin 2014

 

Cette réflexion de Ronan Le Roux, en introduction à l’ouvrage de Norbert Wieneri « le message ne peut avoir de sens qu’en fonction du répertoire dont dispose le récepteur pour l’interpréter » nous donnera l’occasion de mesurer une fois encore si cela est nécessaire deux fondamentaux dans l’analytique du jeu de langage de l’interlocuteur ; le premier concerne ce fait incontournable : disposer de la modélisation du problème posé accompagné de ses conditions de (non) possibilité, une modélisation dans/par le jeu de langage de l’énonciateur ; le second a trait bien entendu à cette capacité du paradigme adopté par l’analyste : lui permettre d’obtenir cette modélisation de la façon la plus fidèle possible. Il est bien entendu inutile de rappeler que le modèle recherché relève du type discursif dialectique pour souligner à quel point le langage est essentiel comme matériau et outil dans cette analytique des jeux de langage dont l’objet est les conditions de (non) possibilité du problème posé par l’énonciateur(trice).

iNorbert Wiener La cybernétique Information et régulation dans le vivant et la machine Seuil 2014 12

 

 

 

 

 

 

Atelier du 24 mai 2014

 

Nous échangerons à propos de cette réflexion de Wittgenstein ci dessous et nous procéderons à l’analytique de deux situations. Relevons déjà ce passage: « il est presque impossible »;  Nous verrons comment opérer afin de percer à travers cet entassement jusqu’au problème posé du (par le) locuteur.

«  On a peine à imaginer à quel point un problème peut se voir totalement bloqué par les manières fausses de l’exprimer qu’entasse génération après génération, sur des kilomètres, de sorte qu’il est presque impossible de percer jusqu’à lui. »1

1Ludwig WITTGENSTEIN : Remarques philosophiques, tel Gallimard , 169.

 

 

 

 

 

 

 

 

Atelier du 12 avril 2014

Nous échangerons à propos de cette réflexion de Wittgenstein ci dessous et nous procéderons à l’analytique de deux situations :

« En psychologie il y a des méthodes expérimentales et une confusion conceptuelle (…). Il existe une investigation possible pour les mathématiques, entièrement analogue à notre investigation de la psychologie. C’en est une aussi peu mathématique que l’autre en est une psychologique. »1

 

1 Ludwig. WITTGENSTEIN : Investigation philosophiques Paris Gallimard, (en italique par L. W.).

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Atelier du 22 mars 2014

Encore une occasion de revenir sur le langage grâce à cette citation de James JOYCE : « Il ne faut pas nous laisser emballer par les mots, par le bruit des mots (…) de grands mots mis sur des choses ordinaires (…) » i.

Comment en effet appliquer le calcul aux conditions de (non) possibilité d’une expression sans revenir aux choses ordinaires ?

Nous verrons cela dans une partie de l’atelier qui sera consacré dans une autre partie à l’analytique d’une situation que l’un d’entre nous voudra bien présenter.

iJames JOYCE Ulysse Gallimard Folio 1957 192 223

 

 

 

 

Atelier du 15 février 2014

 

 Grâce à Kardiner nous reviendrons sur le langage comme calcul avec la nécessité d’enchâsser le jeu de langage dans sa forme de vie afin que les calculs évitent l’indécidable. Comme de coutume, la seconde partie de l’atelier sera consacrée à une situation afin de mettre en application ces notions.

«A la fin du cinquième mois, en mars, Freud commença de me dire « Her Docktor, ein bishen Durcharbeitung »1. Cette suggestion provoqua chez moi une profonde stupéfaction. Je n’avais pas la moindre idée de ce qu’il voulait dire par là et je lui demandais ce qu’il entendait par Durcharbeitung. Il me répondit: « hé bien pourquoi ne faîtes-vous pas passer dans la vie quotidienne les manifestations névrotiques de votre enfance? ».

(…) Je lui répondis: « je pensais que c’était votre affaire ». Freud à l’époque (…) pensait que dès qu’on avait mis le complexe d’œdipe à découvert et qu’on avait compris sa propre homosexualité inconsciente, dès qu’on reconnaissait les origines et les sources de toutes ces réactions, quelque chose allait se produire qui vous mettait à même de traduire ces connaissances en faits et gestes de la vie quotidienne, ce qui du même coup transformerait cette dernière.»2

 

 

1« un peu de perlaboration Docteur »

2Abraham KARDINER Mon analyse avec Freud Les Belles Lettres 2013 p 66.

 

 

 

 

 

 

 

Atelier du 18 janvier 2014

 

 

 

 

« Les systèmes d’équation algébrique possèdent parfois une solution unique, parfois plusieurs (voire une infinité) parfois aucune. Dans ce dernier cas, le système est dit incompatible car il est impossible de vérifier simultanément toutes les équations qui le composent »1 .

Dans quelle mesure cela concernerait-il la pratique des entretiens (cliniques) dont l’objet est la conditions de (non) possibilité du problème posé dans/par le jeu de langage du locuteur ?

Nous réfléchirons à cela dans une première partie de l’atelier qui dans son second volet sera consacré à une analytique d’une situation.

1 Hervé Lehning : Tangente, Les maths de l’impossible, La quadrature du cercle! Quand des systèmes élémentaires sont impossibles, Editions POLE N° 49 novembre 2013 pp 36 37

 

 

 

 

 

 

 

Atelier du 21 décembre 2013

 Nous échangerons à propos de cette réflexion de Wittgenstein ci dessous et nous procéderons à l’analytique de deux situations :

« Le malheur veut que notre langage dénote tant de choses fondamentalement différentes avec chacun de ces mots : ‘‘question’’, ‘‘problème’’, ‘‘investigation’’, ‘‘ découverte’’. Tout comme avec les mots : ‘‘ raisonnement’’, ‘‘proposition’’, ‘‘preuve’’. »1.

1 Ludwig WITTGENSTEIN : Remarques philosophiques, tel Gallimard , 181.(les ‘‘ ‘’ sont de L.W.).

 

 

 

 

 

 

Atelier du 16 novembre 2013

 Nous échangerons à propos de la citation ci dessous et nous procéderons à l’analytique de deux situations :

« La maladie n’a pas besoin d’exister (du point de vue bio-médical) pour être représentée, voire même identifiée par des agents (et cela dans des contextes qui ne sont pas pour autant marqués par des désordres psychiatriques). Ce point est d’importance puisque (…) c’est la désignation par le sujet de ce qu’il perçoit comme son mal et l’interprétation qu’il lui en donne, qui déterminent ses recours thérapeutiques. »1

1Sylvie FAINZANG : Pour une anthropologie de la maladie en France un regard africaniste Cahiers de l’Homme, Editions de l’Ecole des Hautes Etudes en Sciences Sociales Paris 1989, 55.

 

 

 

 

 

 

Atelier du 19 octobre 2013

 

 Programme: Un texte « l’écologie relationnelle » constituera un point de départ à nos échanges; nous donnerons cependant la priorité à l’analytique de deux situations le cas échéant.

 

 

 

 » L’écologie relationnelle

L’écoute active est plus que le silence

Lorsque l’enfant vit un problème (il est triste à cause de ses copains, découragé par son travail, angoissé d’aller se coucher…) c’est le moment de pratiquer l’écoute active.

L’écoute active est un joyau qui nous permet de développer notre capacité à aider notre enfant en l’écoutant avec attention, en accueillant vraiment ce qu’il dit, mais aussi ce qu’il ressent, et cela sans chercher à donner une réponse. La réponse du parent est simplement un reflet du message de l’enfant. Le parent reformule ce ,qu’il entend, ou ce que l’enfant ressent, démontrant activement qu’il a compris ce que l’enfant lui a dit. Il le lui prouve en lui retournant dans l’instant et dans ses propres termes essentiel de son message.

La plupart du temps, l’écoute active permet à l’enfant de résoudre lui-même son problème. IL développe ainsi sa créativité, son autonomie et son estime de soi.

Mise en pratique

 Votre fille de 10 ans rentre de l’école pas très bien, son visage est triste et fermé. Quand vous lui posez des questions, elle élude et part dans sa chambre :  je vais bouquiner. Vous vous sentez démuni et inquiet, impuissant.

L’Ecoute active : Elle débutera par une ouverture de porte, une invitation : « je ne te sens pas dans ton assiette ce soir, cela ne va pas ?».

Voici 2 solutions :

1. L’enfant dit : « Oh ce n’est rien, je suis crevée c’est tout »
Ne pas insister, ne pas réitérer l’invitation.
« Ok, tu sais où me trouver si tu souhaites m’en parler »

2. L’enfant lâche : « Je sais c’est ridicule mais c’est pas marrant d’être première de la classe »

Votre enfant a un problème, c’est le moment de vous centrer sur lui et d’écouter ce qu’il a sur le cœur en reformulant ses mots et son ressenti.

« Tu veux dire qu’être première de la classe t’apporte des ennuis »
« Oui, ils disent tous que je suis la chouchoute de la maîtresse, ils se fichent de moi »
« Et toi tu te sens triste qu’ils disent cela »
« Oui, j’ai l’impression que personne ne m’aime dans cette classe »
« Personne ne t’aime ? »
« Bon j’exagère, j’ai bien Marine et Anaïs mes copines, mais j’en ai marre d’Eva et Victoria »
« Si je comprends bien ce sont ces deux-là qui te posent problème »
« Oui, et je ne sais pas comment réagir je me sens idiote face à leur moquerie, et du coup ils en profitent »

Aider son enfant à définir son besoin

« Tu as l’impression que ta gêne les encourage à se moquer de toi ? »
« Oui »
« Donc si tu arrivais à réagir différemment, tu te sentirais mieux ? »
« Oui »
« Qu’est-ce que
cela t’apporterait d’important pour toi ? »
« Je serais détendue et heureuse »

Aider son enfant à trouver et choisir des solutions pour répondre à son besoin qui est : arriver à avoir une réaction face à leur moquerie de ses camarades qui lui permette d’être détendue et heureuse.

Débuter alors un vrai brain storming en lui demandant ce qu’il pourrait faire par exemple :

« Je pourrais leur dire que je m’en fous d’être la chouchoute »
« Je pourrais leur dire que je moquerai d’elles aussi quand elles seront premières de la classe »
« Je pourrais dire pff et les ignorer »

Laisser l’enfant évaluer puis choisir la ou les solutions qu’il souhaite appliquer.

L’écoute active permet souvent de mettre en lumière le besoin à satisfaire pour sortir d’une situation problématique. Car nos comportements sont tous des réponses à nos besoins. ». »

 

 

 

 

 

Ce textei ne pourrait-il pas contribuer à nos réflexions sur l’analytique des jeux de langage que nous pratiquons bien que son auteure ne l’intitule pas jeu de langage?

 1- La « mise en pratique » ne se situerait-elle pas dans la partie commune à ces deux ensembles : celui du parent et celui de l’enfant? Ces deux ensembles ne seraient-ils pas eux-mêmes inclus dans l’ensemble formé par l’intersection de ces deux autres ensembles: celui de l’auteure et celui du lecteur ?

 l'écoute active 2

 

 

 

2- Des problèmes posés ne seraient-ils pas dégagés (indiqués): problème de l’auteure, celui du parent, celui de l’enfant… celui du lecteur?

21- Un premier monde possible ne serait-il pas esquissé avec le(s) problème(s) et se(s) conditions de possibilité (voir schémas suivant)?

22- Complémentaire du premier, un second monde possible ne serait-il pas indiqué sans le(s) problème(s) posé(s) avec, là aussi ses conditions de possibilité?

23- Enfin les conditions pour commuter d’un monde possible à l’autre ne se laisseraient-elles pas elles aussi saisir ?

 

3 tableau l'écoute

 

 

 

 

3-Le passage du général au particulier ne serait-il pas pratiqué ici?

 31- L’auteure elle-même ne passerait-elle pas du général au particulier? elle ne partirait pas de cette généralité ( le titre et l’introduction de l’article) «L’écologie relationnelle L’écoute active est plus que le silence» à cette particularité dans la partie que l’auteure intitule «Mise en pratique»:

«L’écologie relationnelleL’écoute active est plus que le silence

Lorsque l’enfant vit un problème (il est triste à cause de ses copains, découragé par son travail, angoissé d’aller se coucher…) c’est le moment de pratiquer l’écoute active.

L’écoute active est un joyau qui nous permet de développer notre capacité à aider notre enfant en l’écoutant avec attention, en accueillant vraiment ce qu’il dit, mais aussi ce qu’il ressent, et cela sans chercher à donner une réponse. La réponse du parent est simplement un reflet du message de l’enfant. Le parent reformule ce ,qu’il entend, ou ce que l’enfant ressent, démontrant activement qu’il a compris ce que l’enfant lui a dit. Il le lui prouve en lui retournant dans l’instant et dans ses propres termes essentiel de son message.

La plupart du temps, l’écoute active permet à l’enfant de résoudre lui-mêmeson problème. IL développe ainsi sa créativité, son autonomie et son estime de soi.»

Mise en pratique:

Votre fille de 10 ans rentre de l’école pas très bien, son visage est triste et fermé. Quand vous lui posez desquestions, elle élude et part dans sa chambre :  je vais bouquiner. Vous vous sentez démuni et inquiet, impuissant. »...?

 32- Le parent et l’enfant ne passeraient-ils pas eux aussi du général au particulier comme dans cet extrait par exemple:

« Oui, j’ai l’impression que personne ne m’aime dans cette classe »
« Personne ne t’aime ? »
« Bon j’exagère, j’ai bien Marine et Anaïs mes copines, mais j’en ai marre d’Eva et Victoria »
« Si je comprends bien ce sont ces deux-là qui te posent problème »?

 321- Dans ce passage du général au singulier, un « calcul » n’aurait-il pas été appliqué à cette combinaison de signes employés par l’enfant, une généralité: « Oui, j’aiimpression que personne ne m’aime dans cetteclasse »?

Cette dernière combinaison de signes ne serait-elle pas validée à cettecondition:« Personne ne m’aime»= « Eva et Victoria»; la même combinaison serait par contreinvalidée à cette condition: «Personne nem’aime» = « Marine et Anaïs»?

Autrement dit cette généralité n’aurait-elle pas été validée à lacondition que se soit attribuéesà ce signe de l’expression générale« Personne ne m’aime», ces (leurs)valeurs particulières « Eva et Victoria»?

A contrario cette généralité n’aurait-elle pas été invalidée à la condition que soient attribuées à ce signe général« Personne ne m’aime», ces (leurs) valeurs particulières « Marine et Anaïs»?

 Ce passage du général au particulier présenterait-il ainsi un double avantage? il ne permettrait pas ainsi de calculer la validité de la locution générale: dans telle condition elle s’applique et dans telle condition elle n’est pas le cas?ce passage du général au particulier ne présenterait-il pas aussi le bénéfice de débouchersurdesesquisses de solution :

« Je sais c’est ridicule mais c’est pas marrant d’être première de la classe »
(…)
« Tu veux dire qu’être première de la classe t’apporte des ennuis »
« Oui, ils disent tous que je suis la chouchoute de la maîtresse, ils se fichent de moi »

« Personne ne t’aime ? »
« Bon j’exagère, j’ai bien Marine et Anaïs mes copines, mais j’en ai marre d’Eva et Victoria »
« Si je comprends bien ce sont ces deux-là qui te posent problème »
«
Oui, et je ne sais pas comment réagir je me sens idiote face à leur moquerie, et du coup ils en profitent »?

 En effet ces trois expressions n’indiqueraient-elles pas dans quelle direction rechercher les solutions au problème posé par l’enfant?

Ne faudrait-il pas et ne suffirait-il pas

a- d’en déduire les contra posées par suppression et introduction de la négation de cette façon par exemple: : « Je sais c’est ridicule mais c’est pas marrant d’être première de la classe », « Oui, ils nedisent pastous que je suis la chouchoute de la maîtresse, ils se ne fichent pas de moi », « Oui, et je ne sais pas comment réagir je ne me sens pas idiote face à leur moquerie, et du coup ils n’en profitent pas»;

b- de caractériser les conditions pour lesquelles s’appliqueraient ces contra-posées (voir ci dessus Débuter alors un vrai brain storming ainsi que ci après 4, 5, 6): dans telle et telle conditions s’appliqueraient ces contra positions ?

 33- En rapportant ce texte à nos… cas particuliers, nous lectrices, lecteurs, ne procédons-nous pas de la même façon: passer de la généralité, indécidable (elle est ni vraie ni fausse), à la particularité, décidable, dans telle et telle conditions ce texte s’appliquerait ou non… comme pour l’expression de l’enfant « Oui, j’ai l’impression que personne ne m’aime dans cette classe »?

 

 

 

 

 4-Les questions catégorielles ne seraient-elles pas employées pour faire définir par l’enfant les signes employés par lui comme ici par exemple:

« Personne ne t’aime ? »

« Bon j’exagère, j’ai bien Marine et Anaïs mes copines, mais j’en ai marre d’Eva et Victoria »

« Si je comprends bien ce sont ces deux-là qui te posent problème »

« Oui, et je ne sais pas comment réagir je me sens idiote face à leur moquerie, et du coup ils en profitent »

« Tu as l’impression que ta gêne les encourage à se moquer de toi ? »

« Oui »

« Donc si tu arrivais à réagir différemment, tu te sentirais mieux ? »

« Oui »

« Qu’est-ce que cela t’apporterait d’important pour toi ? »

« Je serais détendue et heureuse » ?

Cette façon de dire et de faire ne permettrait-elle pas de caractériser ces signes, de les paramétrer et d’en calculer les conditions pour lesquelles l’expression employée par l’enfant s’appliquerait ou non (voir 321)?

 

 

 

 

5- La technique du problème résolu (solution idéale, voir Polya, page « liens » dans ce blog) n’a-t-il pas mené aux solutions de l’enfant (du parent, de l’auteure) comme dans cet extrait par exemple:

« Tu as l’impression que ta gêne les encourage à se moquer de toi ? »

« Oui »

« Donc si tu arrivais à réagir différemment, tu te sentirais mieux ? »

« Oui »

« Qu’est-ce que cela t’apporterait d’important pour toi ? »

« Je serais détendue et heureuse »?

Dans cette exploitation de la technique du problème résolu, un monde possible (débarrassé du problème posé de l’enfant… et de du parent voir le second schéma) ne serait-il pas esquissé avec l’emploi du conditionnel: « Donc si tu arrivais à réagir différemment, tu te sentirais mieux ? »? En même temps ne seraient pas ainsi indiquées les conditions pour commuter du monde possible avec le problème posé au monde possible dégagé du problème posé: les solutions du problème posé?

 

 

 

 

6- Bien entendu, avec son problème posé, l’enfant ne donnerait-il pas pas sa solution comme ici, c’est-à-dire les conditions à satisfaire pour commuter du monde possible avec le problème posé au monde possible sans le problème posé:

« Je sais c’est ridicule mais c’est pas marrant d’être première de la classe »

« Tu veux dire qu’être première de la classe t’apporte des ennuis »

« Oui, ils disent tous que je suis la chouchoute de la maîtresse, ils se fichent de moi »

« Et toi tu te sens triste qu’ils disent cela »

« Oui, j’ai l’impression que personne ne m’aime dans cette classe »?

en effet, accéder aux solutions ainsi esquissées, ne consisterait-il pas à caractériser les conditions telles que ces trois locutions ne s’appliquent pas (plus) pour l’enfant (voir 321); « l’écoute active » du parent n’aurait-elle pas procédé en recourant entre autre à la technique du problème résolu, voir ci-dessus, celle de la solution idéale, en passant de la généralité au particulier en veillant à demeurer le plus souvent possible dans l’ensemble de l’enfant (voir la première schématisation): dans son jeu de langage enchâssé dans sa forme de vie?

61- En serait-il autrement pour le parent avec son problème… l’auteure avec le sien? Chacun n’indique-t-il pas sa solution?

62- En serait-il de même pour le lecteur ou la lectrice?

———————————————————

i- texte, version papier proposée par Nathalie Reinhardt, écolomag n°37 sept/oct 2013 p 38; Ils peuvent être retrouvés en grande partie sur ce site http://www.ateliergordon.com/

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Atelier du 21 septembre 2013

 

1- La rentrée ne constituerait-elle pas l’occasion de reprendre ce thème de thomas SASZ: «  qu’est-ce que la psychothérapie ? S’il faut en croire l’idée généralement admise, c’est le traitement de la maladie mentale…une intervention qui emploierait des méthodes psychologiques et sociales, plutôt que des moyens physiques ou chimiques. Ce postulat étant posé, la psychothérapie devient une technique concrète et objective, au même titre que la médication par la pénicilline, l’intervention chirurgicale sur une tumeur ou encore la réduction d’une fracture. A partir de là on peut dire que le psychiatre « donne » des soins à un patient qui les « reçoit ». Or à mon sens ce postulat est totalement faux. Pour moi la psychothérapie doit être entendue comme un ensemble d’interrelations entre deux ou plusieurs individus communiquant au moyen de messages verbaux et non verbaux. Autrement dit, la psychothérapie est une des formes que peuvent prendre les relations humaines, et en cela elle est comparable à l’amitié, au mariage, à la célébration d’un rituel religieux, à l’impact publicitaire, à la pédagogie [27].  Si le terme de psychothérapie désigne un type de relation, où l’un des partenaires écoute tandis que l’autre parle, alors ce terme est impropre et ne peut engendrer que de la confusion des esprits. Dans la mesure où elle apporte une aide à certaines personnes, on peut effectivement dire et penser que la psychothérapie ressemble au traitement médical, mais là encore il ne faut pas les confondre. A proprement parler ,  la psychothérapie ne correspond à aucune réalité tangible. Tout comme la maladie mentale, la psychothérapie est un concept de nature métaphorique et mythique. Dès lors hypnose, suggestion ou psychanalyse, quel que soit le nom que l’on veuille bien donner à cette prétendue psychothérapie, ne désigne jamais qu’un certain type de rapports verbaux entre individus. Le fait de les étiqueter sous le terme générique de « psychothérapie » ne peut être qu’un obstacle à leur compréhension [11]. Ce n’est ni la première ni la dernière fois dans son histoire que l’homme aura confondu le sens propre et le sens figuré des choses, et qu’il aura utilisé cette confusion à des fins politiques et personnelles. (…) Les résultats ? Ils fleurissent autour de nous : que ce soit par la danse, par le sexe, par l’art ou par l’aversion, ‘les « thérapies » ne manquent pas : thérapies du comportement, thérapie aversive, thérapie individuelle ou de groupe. En fait tout ce qu’une personne peut faire à une autre peut être considéré comme un acte thérapeutique, à condition que celui qui se déclare thérapeute ait assez de crédit, et que son public soit assez crédule….[15]  »?[i]

 

2- Analytique des Jeux de Langage à propos de deux situations.


[i] Thomas  Setphen  SASZ Le mythe de la psychothérapie Petite Bibliothèque Payot 1981 les chiffre entre crochets renvoient aux pages de l’ouvrage.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Atelier du 29 juin 2013

 

Programme

l’atelier de juin  reprendra le même programme que celui de mai.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Atelier du 25 mai 2013

 

Programme

1-  Ce texte permettra d’introduire les concepts de « général » et « particulier » et leur exploitation dans un entretien (clinique) dont l’objet est les conditions de (non) possibilité du problème posé par/au locuteur:

« Pour être le destinataire d’un familigramme, vous devez donner à la BOFOST[1] le nom et l’adresse de la personne par vous élue : mère, épouse ou fiancée. Celle-ci envoie son texte chaque semaine à la BOPOST, qui le met en code et nous le transmet par ondes ultra-longues, en même temps que les informations générales et les messages opérationnels. (…)

-J’ai mal au pied , dit Vigneron.

-Pas étonnant, dit Le Guillou. La radio, elle est toujours en ballade d’un bout à l’autre du bateau, un papelard à la main. C’est la belle vie !

(…)

Je tâte son pied.

-Vous avez mal là ?

-Non, docteur.

-Et là ?

-Non plus.

-Et là ?

-Un peu.

Je diagnostique une légère tendinite de l’extenseur du gros orteil, et je lui fais donner une pommade par Le Guillou. Elle ne lui servira pas à grande-chose, sinon à lui donner l’impression réconfortante qu’il est soigné. En revanche, je lui donne un bon conseil.

-Vigneron, ne descendez pas les échelles à toute allure ! Prenez le temps de bien poser le pied !

-Qu’est-ce que vous voulez, docteur, moi, il faut que je cavale !

-Je vais te faire un petit massage tout de suite, cavaleur, dit Le Guillou.

-Ah, merci ! dit Vigneron.

-Mais « la radio qui est toujours en balade » a dû lui rester sur le cœur, car il ajoute :

-Voyez-vous, docteur, les gars, ils me voient aller et venir, ils croient que je me donne du bon temps. Mais moi, docteur, je joue un rôle important à bord. Si la radio fonctionne plus, qu’est-ce qui se passe ? Le SNLE[2] perd le contact avec le commandement à terre, et il n’y a plus de dissuasion !

Le Guillou hausse les imperceptiblement les épaules en me jetant un œil, mais il se tait. Il a beau être bavard, il sait aussi écouter.

-Vous recevez beaucoup de familigrammes par jour, Vigneron ?

-Une bonne douzaine tous les soirs.

Et alors qu’est-ce qui se passe ? Vous les remettez aux intéressés ?

-Pensez-vous, docteur ! Il y a un filtre : c’est le commandant en second.

-Et pourquoi ce filtre ?

-Ben voyons, docteur, si un familigramme annonce à un gars la mort de sa femme à mi-marée, on va tout de même pas le lui dire tout de suite : ça serait horrible !

-Et quand le lui dit-on ?

-Le jour du retour.

-C’est horrible aussi.

-Ce n’est pas la même chose, dit Le Guillou en levant la tête. Un gars qui reçoit un choc pareil alors qu’il est enfermé à bord (du sous-marin), c’est un désastre. Pour lui, pour son travail, pour son équipe.

J’entends bien, le bateau d’abord. Je ne blâme ni n’approuve, je réfléchis. Et plus je réfléchis, moins je parviens à me faire une religion. C’est un de ces irritants problèmes qui se posent à chaque instant et qu’on n’arrive jamais à résoudre.

-Maintenant, tu te rechausses, « trans », dit Le Guillou, j’ai fini. (…). Comme a dit le docteur (…) tâche de pas cavaler si vite, sinon un de ces jours, tu vas te péter le tendon d’Achille ou te décoller un ménisque.

Cette érudition frimeuse est perdue pour Vigneron qui se rechausse lentement, sans piper mot, l’œil soucieux derrière ses lunettes de fer. A le voir ainsi prendre son temps, je comprends qu’il a besoin de me parler. Et Le Guillou le comprend aussi, qui passe dans la chambre d’isolement.

-Docteur, dit Vigneron, vous trouvez ça correct de laisser ignorer à un gars que son père est mort ?

Difficile de répondre oui. Délicat de répondre non. Je ramène le problème du général au particulier.

-Vous avez des inquiétudes sur la santé de votre père ?

-Oh, non ! Pas du tout ! Il se porte comme un charme ! Ma mère aussi .

-Pour votre femme alors ?

-Je ne suis pas marié.

Il jette un œil à la chambre d’isolement et baisse la voix.

-Mais je suis fiancée.

-Et votre fiancée se porte mal ?

-Oh, non ! Pas du tout !

Je me tais. J’attends. Il me regarde, baisse les yeux, les relève, et dit :

-En deux semaines de marée, pas un mot d’elle !

Et tout d’un coup il éclate :

-C’est pas un monde, ça, docteur ! Je reçois dix à quinze familigrammes par jour et pas un seul pour moi !

-Vous craignez qu’elle soit malade ?

-Mais non, docteur, dit-il avec véhémence. Je vous l’ai déjà dit ! Une santé de fer ! Jamais un rhume !

Un silence.

-Vigneron, dis-je. Il ne faut pas se hâter de tirer des conclusions. Ily a peut-être des circonstances qui expliquent…

-Quelles circonstances ? dit-il d’un ton presque agressif.

-Mais je ne sais pas, moi, dis-je en écartant largement les deux mains… Il se peut qu’en partant vous lui ayez dit un mot qui ne lui a pas plu. Les filles, vous savez, c’est très susceptible. Ça se vexe pour un rien.

Cette maxime machiste éculée (et Dieu sait si je la trouve sotte au moment où je l’énonce) n’en produit pas moins sur lui un effet apaisant.

-Vous croyez, docteur ? dit-il avec espoir.

-J’ai un peu honte de jouer au gourou. Mais d’un autre côté comment le laisser en proie aux affres de la jalousie, alors qu’il a encore une semaine à tirer ?

– C’est bien possible, dis-je gravement.

-Alors, docteur, elle me boude ?

-C’est probable.

Il réfléchit.

-C’est quand même vache, dit-il avec un petit retour de sa véhémence, de me bouder alors que je suis enfermé sous l’eau dans une boîte en fer !

-Quel âge a-t-elle ?

-Dix-neuf ans.

-Je hausse les épaules.

-Elle ne se rend pas compte, Vigneron ! Elle vit entre papa-maman ! Comment voulez-vous qu’elle imagine le genre de vie que nous menons ici ?

-Il fait oui de la tête. Il me regarde. Il esquisse un sourire. Je lui rends regard et sourire. Je me vautre avec lui dans le sentiment réconfortant de la supériorité virile.

-Eh bien, docteur, dit-il chaleureusement, merci…

-Il s’interrompt et reprend avec pudeur :

-Merci pour le pied.

Et il s’en va. Opération valium terminée. Ses doutes reviendront le ronger et il reviendra me voir. (…) C’est la deuxième fois que je vois Vigneron et je suis attristé pour lui. J’ai bien peur que sa petite nana, à son retour, ne lui révèle qu’elle en aime un autre.

-Vous voulez que je vous dise, docteur ? dit Le Guillou (…) : l’infirmerie pour eux, c’est la nounou et le curé ! Quand on a un bobo, on va se faire chouchouter, et quand on a quelque chose sur le cœur, on se confesse. Moi je suis la nounou. Et vous, docteur, vous êtes le curé… »[3]

 

 

 

2-Illustration de l’Analytique des jeux de langage: deux situations.


[1] Base Opérationnelle des Forces Océaniques Stratégiques (Brest)

[2] Sous-marin Nucléaire Lance Engin

[3] Robert MERLE Le jour ne se lève pas pour nous Sous-Marins Omnibus 1980 pp 856 859

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Atelier d’avril 2013

Date prévue 20 avril de 14h30 à 17h30

Programme

1- « Les puissances de dix » à voir en cliquant ici http://youtu.be/Ldhr1FnK9UY

Cette vidéo ne pourrait-elle pas constituer l’occasion de saisir une des difficultés de l’entretien (clinique) dont l’objet serait le problème posé avec ses conditions de (non)possibilité : ce qui pourrait (devrait?) être retenu, pris en considération aux fins d’une analytique?

Quel mot, quelle phrase, quel problème, quelles conditions de (non)possibilité exploiter?

Quelle exploitation?

 

Cette difficulté déjà été abordée dans l’atelier de mars ne pourrait-elle pas être revisitée avec à la clé quelques outils de travail?

 

 

2-Illustration de l’Analytique des jeux de langage: deux situations.

 

 

 

 

 

 

Atelier de mars 2013

 Date prévue 23 mars de 14h30 à 17h30

Programme

1-  Texte prévu:

« (…) Pour toute pensée, il en existe une autre qui la contredit[i], en sorte qu’une pensée est dite fausse lorsque la pensée contradictoire est dite vraie. La proposition énonçant la pensée contradictoire est construite à partir de l’expression de la pensée initiale et au moyen d’un mot de négation.

Il semble que le mot ou la syllabe qui porte la négation sont associés plus étroitement à une certaine partie de la proposition, par exemple le prédicat. On pourrait en garder le sentiment que seul le contenu de cette partie est nié, plutôt que le contenu de la proposition entière. Mais en disant d’un homme qu’il est inconnu[ii], on pose comme fausse la pensée qu’il est un homme connu. On interprètera ce qualificatif comme la réponse à la question « est-ce un homme connu ? », ce qui montre bien qu’on ne se limite pas à nier le sens d’un seul mot. Il n’est pas juste de dire que « parce que la syllabe négative est associée à une partie de  la proposition, ce n’est pas le sens de la proposition entière qui est nié ». Bien plutôt : du fait que la syllabe négative est associée à une partie de la proposition, le contenu de la proposition tout entière se trouve nié. En d’autres termes : on a produit une proposition dont la pensée contredit la pensée de la proposition initiale.

Mais je ne dis pas que la négation soit parfois restreinte à une partie de la proposition.

La pensée contradictoire d’une pensée donnée est le sens d’une proposition à partir de laquelle on peut aisément produire la proposition qui exprime la première pensée. On voit que la pensée contradictoire d’une autre pensée est composée de cette dernière et de la négation. Je n’entends pas par là l’acte de nier.(…) »[iii]

 

 

 

2-Illustration de l’Analytique des jeux de langage: deux situations.

 

 


[i] On pourrait dire aussi bien une pensée opposée (note de l’auteur).

[ii] au sens de non célèbre, obscur (note du traducteur).

[iii] Gottlob FREGE Ecrits logiques et philosophiques Editions du Seuil 1970 pp 209 210.

 

 

 

 

 

 

 Atelier de février 2013

 Date prévue 23 février de 14h30 à 17h30

Programme

1-  Texte prévu:

« 293- Si je dis de moi-même que ce n’est qu’à partir de mon propre cas que je sais ce que signifie le mot « douleur »-Ne devrais-je pas dire la même chose d’autrui également ? Et comment puis-je généraliser ce cas unique de manière aussi irréfléchie ?

Or chacun vient dire qu’il ne sait ce qu’est la douleur qu’à partir de son propre cas ! Supposez que chacun ait une boîte avec quelque chose dedans : nous l’appelons un « scarabée ». Personne ne pourra regarder dans la boîte d’aucun autre, et chacun dira qu’il ne sait ce qu’est un scarabée que pour avoir regarder le sien propre. Or ils se pourrait fort bien que chacun celât quelque chose de différent dans sa boîte. On pourrait même imaginer un genre de chose susceptible de changer constamment. Mais à supposer que le sens du mot « scarabée » ait tout de même un sens usuel dans le langage de ces personnes ?- il ne servirait pas alors à désigner une chose. La chose dans la boîte n’appartient d’aucune manière  au jeu de langage ; pas même comme un quelque chose : car la boîte pourrait aussi bien être vide. Non, on pourrait « abréger » au moyen de la chose dans la boîte ; quoique cela puisse être cela se supprime.

C’est-à-dire si l’on construit la grammaire des expressions de la sensation sur le modèle de « l’objet et de sa désignation » l’objet disparaît même comme hors de propos.

 

294- Si vous dîtes qu’il voit une image intime, devant lui, qu’il décrit, vous aurez fait au moins une supposition au sujet de ce qu’il a devant lui. Et cela veut dire que vous pouvez la décrire ou la décrivez avec plus de précision pour nous. Si vous admettez que vous n’avez aucune notion du genre de chose qu’il pourrait avoir devant lui- alors qu’est-ce qui vous amène à dire, nonobstant cela, qu’il a quelque chose devant lui ? N’est-ce pas comme si j’allais dire de quelqu’un : « il a quelque chose. Mais je ne sais pas si c’est de l’argent ou des dettes ou une caisse vide ».

 

295- « Si je sais seulement d’après mon propre cas »- quel est donc ce genre de proposition là ? Une proposition expérimentale ? Non. Une grammaticale ?

Supposons que chacun dise de soi qu’il ne sait ce qu’est une douleur que du fait de sa propre douleur. Non que les gens disent réellement cela, ou soient même disposés à le dire. Mais si désormais tout le monde le disait- ce pourrait être une sorte d’exclamation. Et encore qu’elle ne nous donne aucun renseignement, c’est tout de même une image, et pourquoi ne pas évoquer une telle image ? Imaginez un tableau allégorique à la place des mots.

En effet lorsqu’au moment de philosopher nous regardons au-dedans de nous-mêmes, il nous arrive souvent d’avoir la vision précisément de ce genre de tableau. Littéralement une représentation imagée de notre grammaire. Non pas des faits ; mais pour ainsi dire des tournures illustrées.

 

296- « oui, il y a cependant un quelque chose qui accompagne mon cri de douleur : et c’est à cause de cela que je l’exprime par ce cri. » C’est ce quelque chose qui est important.- et terrible. Seulement à qui communiquerons-nous cela ? Et en quelle occasion ?

 

297- Naturellement si l’eau bout dans une casserole, la vapeur sort de la casserole et, de même, l’image de la vapeur de l’image de la casserole. Mais que penser si l’on s’avisait de dire que quelque chose bout dans l’image de la casserole ? ».[i]

 

 

 

 

 

 

 

 

2-Illustration de l’Analytique des jeux de langage: deux situations.


[i] Lugwig Wittgenstein tractatus logico-philosophicus suivi de investigations philosphiques Tel Gallimard 1961 pp 223 224

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Atelier de janvier 2013

Date prévue 19 janvier de 14h30 à 17h30

Programme

1-Texte proposé par Marie, celui de décembre 2012 , Ignace Meyerson[i] , Pour une psychologie historique[ii]  « l’entrée dans l’humain ». pp.77-80; nous n’avions pas eu le temps de le travailler, la priorité ayant été donnée à la situation présentée.

2-Illustration de l’Analytique des jeux de langage: deux situations.

 

 

 

 

 

 

Atelier de décembre 2012

Date prévue 15 décembre de 14h30 à 17h30

Programme

1-Texte proposé par Marie, Ignace Meyerson[i] , Pour une psychologie historique[ii]  « l’entrée dans l’humain ». pp.77-80 :

«(…)

5. L’homme baigne dans un monde d’œuvres : langues, religions, lois, sciences, arts. Il est modelé par elles. Il s’en dégage plus ou moins et exprime par d’autres œuvres des aspects de son effort spirituel. Mais si les œuvres et les systèmes et les systèmes d’œuvres sont divers et ont varié, s’il y a une histoire de la civilisation, des civilisations, des faits de civilisation, ce n’est point une série d’accidents fortuits, et ce n’est pas non plus un changement qui n’affecte que l’écorce : c’est le noyau, l’esprit même de l’homme qui a changé. Des changements de langues, de religions, de structures sociales, de théories scientifiques, de formes d’expression plastique ou musicales traduisent des transformations des fonctions psychologiques, aussi bien de celles qui sont spécialement engagées dans tel type d’œuvres que de celles qui participent à plusieurs types d’œuvres. Le psychologue, le philosophe, l’épistémologiste ont longtemps vécu sur la fiction de l’homme immuable devant la nature éternelle créant par un inexplicable miracle des œuvres diverses. Ce préjugé fixiste était lié à l’origine théologico-métaphysique des réflexions sur l’homme. Le psychologue doit lui substituer une attitude plus objective et plus critique. Il doit s’efforcer de rechercher, à travers les changements des produits de l’esprit humain, les changements éventuels de cet esprit même, leur nature et leur ampleur. Il doit être honnête à l’égard du changement et n’admettre le permanent (comme aussi les mutations bien entendu) qu’après épreuve. A l’histoire des formes des civilisations le psychologue ajoute ainsi un nouveau domaine, dont l’importance ira croissant : l’histoire de leurs contenus psychologiques profonds, l’histoire des fonctions psychologiques. __ Dès les premiers pas dans ce nouveau domaine, on constate que la personne, qui semblait consubstantielle à l’homme, a une histoire, dont on voit les débuts, les aventures diverses, des aspects nouveaux sous nos yeux. Que telle autre fonction, la mémoire, a eu un développement particulier, effet probable d’un dressage, aux périodes archaïques, quand l’homme savait retenir fidèlement des centaines de page de textes sacrés, et qu’aujourd’hui si elle est toujours fonction, elle n’est plus fixation mécanique de ce passé, mais reconstruction. Que si l’intérêt des hommes pour leur passé individuel et le sentiment qu’ils peuvent en être maîtres sont anciens, l’intérêt des hommes en groupe pour leur passé de groupe, la recherche des faits passés tels qu’ils se sont passés et leur datation exacte, leur projection précise dans l’ordre du temps sont des acquisitions récentes et même très récentes. __ L’homme est suite d’œuvres et transformation à travers les œuvres.

6. Le domaine total de l’expérience humaine est large et il a tendu dès longtemps à se diviser. La netteté de ces séparations, l’extension et les limites des secteurs ont varié. Aujourd’hui, les frontières sont nettement tracées ; chaque secteur de l’humain a son système d’expression propre, spécifique : ses œuvres, ses symboles, ses contenus, sa signification. Si le physicien parle la langue mathématique, c’est qu’il ne peut traduire d’autre façon les faits et les lois qu’il doit exprimer. Et de même, ce que le peintre ou le musicien exprime par les couleurs, le dessin ou les sons, les mélodies, les harmonies ne peuvent être rendues autrement. Même dans le domaine d’un seul art, il peut y avoir encore des types d’expression mal réductible l’un à l’autre, des « sous-spécificités ». Parlant du dessin, Henri Focillon écrit : « Encre, lavis, mine de plomb, pierre noire, sanguine, craie, autant de propriétés définies,  autant de langages. Pour s’en convaincre, que l’on essaie de se représenter cette impossibilité : une sanguine de Watteau copié par Ingres à la mine de plomb. ». Et ce n’est pas en cours de pensée ou de création qu’apparaît cette spécificité, c’est dès le début d’une pensée orientée. Le physicien qui commence une série d’expériences, le musicien qui compose une sonate ne « pensent »pas d’abord dans la langue ordinaire ou dans une quelconque « langue de sentiment »pour adopter la symbolique spécifique à un moment de leur effort constructeur : dès le début, ils pensent en forme mathématique ou musicale. Il y a, bien, le « commun » à côté du spécifique ; il y a des convergences, des actions réciproques ; il y a aussi, à tout moment, transposition du commun en spécifique : l’artiste, le savant sont, comme le réalisateur social, hommes de leur temps ; ils incarnent en œuvre spécifique, d’art ou de science, ce qui, dans les faits, sentiments et pensées d’une époque, peut ainsi être transmué.

A côté des spécificités des classes d’expression, des originalités de civilisation, l’histoire des fonctions même fondamentales n’est pas la même, par exemple, dans la civilisation gréco-occidentale et dans celle de l’Inde ou de la Chine. La notion de personne se construit progressivement en Europe à travers des faits religieux, sociaux, politiques, esthétiques, : l’orphisme et le christianisme, le théâtre grec et latin, le droit romain, la formation des villes dans la Grèce ancienne et la féodalité dans l’Europe médiévale, puis le capitalisme, la démocratie, le romantisme, enfin les formes nouvelles de vie politique, sociale et morale d’aujourd’hui ; Sa marche est inégale, mais elle est vite contrebattue, et cesse d’être une catégorie fondamentale, passe au second plan, s’efface. La notion de volonté, celle de substance, même celle de cause montrent également un cours diffèrent en Europe et dans l’Inde.

A ces grands types de variété s’ajoute une masse de variétés et de variations temporaires ou locales, collectives ou individuelles. L’uniformité même qu’on observe dans certaines conduites de l’homme, et que critiquent ou raillent moralistes et écrivains, est une uniformité secondaire, sociale, de convention implicite, et non une uniformité primaire biologique.__ L’homme est variétés, et cette variété est l’un des aspects de sa richesse.

 

7. L’homme vit dans un monde, dans des mondes médiats, ses conquêtes et ses constructions : les signes.Le signe est médiat : entre l’agent et les phénomènes se crée par l’expérience un ensemble de monde médiat, mondes de l’homme, cadre de son action et de sa pensée. __ Le signe est artifice humain, création humaine, richesse humaine. __ Le signe est substitut. Il signifie toujours de larges ensembles de significations, renvoie à ces significations, résument une expérience ; il est toujours plus que lui-même. __ Le signe est instrument. Il construit la pensée. Il n’est pas pure expression d’une réalité mentale préalable, il appelle et aide à élaborer un contenu mental nouveau. __ Le signe s’incarne toujours dans une matière, sonore ou plastique, périssable ou durable, et dans une forme que l’homme veut précise. Il y a comme une nécessité d’incarnation et de formation. C’est cette nécessité que révèlent les œuvres, ensemble achevés de signes, et c’est pourquoi l’œuvre est la fin normale de tout travail de l’esprit. __ Comme les œuvres, les signes se divisent en classes spécifiques ; dans chacune, à travers une forme différente des autres, apparaît un contenu également diffèrent. Toujours, dans le signe, forme et contenu sont liés. __Le signe est instrument de communication entre les hommes, d’information réciproque, de traduction d’une expérience commune, physique ou humaine, et là encore il est médiateur. Par lui la communication entre les hommes devient aussi construction, institution, œuvre. Grâce à lui la socialité même est la mediateté.  L’homme est les mondes médiats qu’il construit inlassablement, les signes qui traduisent son expérience.

8. L’homme a une histoire, l’espèce humaine a une histoire, alors que les espèces animales seulement en ont une. L’homme a une histoire parce qu’il édifie des œuvres qui lui survivent et que par-là il devient à travers le temps. Ainsi l’histoire de l’homme fait partie de sa « nature », et elle devient de plus en plus sa nature, car il en prend de plus en plus conscience et que de plus en plus il s’y attache. L’histoire humaine implique entre les individus des liens spirituels, elle est toujours une histoire de l’esprit. Elle est collective à des degrés divers, commune à des groupes plus ou moins larges, selon ses chapitres, commune à tous les hommes dans quelques parties. Solidaire de son passé ou en révolte contre lui, l’homme est par rapport à son passé, et il n’est pas paradoxal de dire que les plus révolutionnaires ne sont pas ceux qui regardent le moins attentivement le passé : à la fois il les instruit dans leur pensée nouvelle et les stimule dans leur action par la résistance qu’il leur oppose : il n’est d’action que par et contre un obstacle. Dans cette perspective, ce n’est plus seulement pour le savant, pour le psychologue historien étudiant les œuvres, que l’homme est l’agent et le produit d’une histoire. C’est à l’homme, en général, que les actes et les pensées des hommes d’aujourd’hui apparaissent par rapport à ceux des hommes du passé. __ Profondément, et plus qu’il ne croit souvent, l’homme est histoire.

 

9. L’homme est normalement orienté, souvent tendu vers l’avenir. L’homme bâtit, et quand on bâtit, on pense non à la pierre qu’on pose aujourd’hui, mais à la maison qui sera demain. Ce que nous avons dit plus haut de l’organisation en série des actes, de la fabrication, de l’œuvre, de la conservation et de la transmission des œuvres et des institutions montre déjà cette constante et très ancienne orientation. Mais on voit à l’analyse que tous les efforts de l’homme sont marqués par ce souci du futur __depuis nos tâches quotidiennes les plus humbles jusqu’aux efforts communs les plus graves et le plus amples, depuis les premiers devoirs de l’écolier jusqu’aux plans d’un grand homme d’Etat, d’un grand constructeur, aux prévisions d’un grand savant. Nous sommes toujours en train de … et en vue de, et nos vies sont faites de désirs, d’espoirs, de vœux, d’engagements et de serments, de craintes, de tensions : l’homme est constamment en attente. Ce peut être une attente passive, imposée par d’autres ou une attente active, celle qu’on s’impose, qu’on se propose. L’homme le plus terne forme des projets : à sa mesure ; mais c’est son cinéma du dimanche qui l’aide à traverser la monotonie de la semaine. On sait tout ce qui a été écrit, de Pascal à Gide et des romantiques à Camus, pour peindre la lourdeur de la monotonie, de la vie sans attente. Et l’on sait, en sens inverse ( Mauss, notamment, l’a fait remarquer), la place que l’attente a dans les faits économiques ( spéculation, crédit, monnaie), politiques, religieux ( péché et expiation), dans les arts du langage ( drame, comédie, roman ), dans la musique, etc. . L’homme tache pour son avenir, proche ou éloigné, pour celui de son pays, de l’humanité entière, des hommes de demain. L’homme est préoccupé aussi du salut de l’âme, de sa délivrance ou de son immortalité. L’eschatologie, le Paradis et L’Enfer, le Jugement dernier, la prophétie, la divination, les utopies, les systèmes de réformes sociales, les projets de grands travaux techniques : autant de formes de tension de l’homme vers le futur. Il sait aussi, dans ses travaux, réaliser des rythmes d’attente, des tensions et des détentes alternées, en s’assignant des taches successives à accomplir dans des délais limités, et il se donne volontiers ces successions rythmées. L’élargissement de ces types d’activités par l’introduction des grands plans collectifs, les plans quinquennaux, par exemple, semble avoir exercé une certaine influence sur le sentiment de sa vie à travers le temps chez l’homme d’aujourd’hui. A participer à des efforts communs dont ils saisissent l’importance et à savoir que des efforts périodiques précédents analogues ont pu être heureusement accomplis dans les délais assignés, des hommes travaillant dans le cadre d’un plan se sentent comme projetés au terme de ce plan. Et ce ne sont plus cette fois, quelques hommes qui anticipent ainsi, hommes d’Etats, ingénieurs, savants, ce sont des participants du rang, de plus en plus nombreux.__ L’homme est pensée de l’avenir.»(…).

 

2- Illustration de l’Analytique des jeux de langage: deux situations.

 


[i] http://www.google.fr/url?sa=t&rct=j&q=&esrc=s&source=web&cd=2&ved=0CDsQFjAB&url=http%3A%2F%2Fbibliotheque.u-pec.fr%2Fpresentation%2Fvie-culturelle%2Fespace-meyerson%2Fespace-ignace-meyerson-homme-signes-culture-societe-240503.kjsp%3FRH%3D1275904589492&ei=hNTEUKi7CdK80AGP4oHICQ&usg=AFQjCNFKqM-ltUJmKKObJsyAyjwTc4L_tg&cad=rja

 

[ii] http://www.google.fr/url?sa=t&rct=j&q=&esrc=s&source=web&cd=2&ved=0CDsQFjAB&url=http%3A%2F%2Fbibliotheque.u-pec.fr%2Fpresentation%2Fvie-culturelle%2Fespace-meyerson%2Fespace-ignace-meyerson-homme-signes-culture-societe-240503.kjsp%3FRH%3D1275904589492&ei=hNTEUKi7CdK80AGP4oHICQ&usg=AFQjCNFKqM-ltUJmKKObJsyAyjwTc4L_tg&cad=rja

 

 

 

 

 

Atelier de novembre 2012

Date prévue 17 novembre de 14h30 à 17h30

Programme

1- Texte probable : «  qu’est-ce que la psychothérapie ? S’il faut en croire l’idée généralement admise, c’est le traitement de la maladie mentale…une intervention qui emploierait des méthodes psychologiques et sociales, plutôt que des moyens physiques ou chimiques. Ce postulat étant posé, la psychothérapie devient une technique concrète et objective, au même titre que la médication par la pénicilline, l’intervention chirurgicale sur une tumeur ou encore la réduction d’une fracture. A partir de là on peut dire que le psychiatre « donne » des soins à un patient qui les « reçoit ». Or à mon sens ce postulat est totalement faux. Pour moi la psychothérapie doit être entendue comme un ensemble d’interrelations entre deux ou plusieurs individus communiquant au moyen de messages verbaux et non verbaux. Autrement dit, la psychothérapie est une des formes que peuvent prendre les relations humaines, et en cela elle est comparable à l’amitié, au mariage, à la célébration d’un rituel religieux, à l’impact publicitaire, à la pédagogie [27].  Si le terme de psychothérapie désigne un type de relation, où l’un des partenaires écoute tandis que l’autre parle, alors ce terme est impropre et ne peut engendrer que de la confusion des esprits. Dans la mesure où elle apporte une aide à certaines personnes, on peut effectivement dire et penser que la psychothérapie ressemble au traitement médical, mais là encore il ne faut pas les confondre. A proprement parler ,  la psychothérapie ne correspond à aucune réalité tangible. Tout comme la maladie mentale, la psychothérapie est un concept de nature métaphorique et mythique. Dès lors hypnose, suggestion ou psychanalyse, quel que soit le nom que l’on veuille bien donner à cette prétendue psychothérapie, ne désigne jamais qu’un certain type de rapports verbaux entre individus. Le fait de les étiqueter sous le terme générique de « psychothérapie » ne peut être qu’un obstacle à leur compréhension [11]. Ce n’est ni la première ni la dernière fois dans son histoire que l’homme aura confondu le sens propre et le sens figuré des choses, et qu’il aura utilisé cette confusion à des fins politiques et personnelles. (…) Les résultats ? Ils fleurissent autour de nous : que ce soit par la danse, par le sexe, par l’art ou par l’aversion, ‘les « thérapies » ne manquent pas : thérapies du comportement, thérapie aversive, thérapie individuelle ou de groupe. En fait tout ce qu’une personne peut faire à une autre peut être considéré comme un acte thérapeutique, à condition que celui qui se déclare thérapeute ait assez de crédit, et que son public soit assez crédule….[15]  »[i]

 

2- Analytique des Jeux de Langage à propos de deux situations.


[i] Thomas  Setphen  SASZ Le mythe de la psychothérapie Petite Bibliothèque Payot 1981 les chiffre entre crochets renvoient aux pages de l’ouvrage.

 

 

 

 

 

 

 

Atelier d’octobre 2012

date prévue: 27 octobre de 14h30 à 17h30

Programme :

1- Thème probable:  « Mon art d’accoucheur comprend donc toutes les fonctions que remplissent les sages-femmes. Mais le principal avantage de mon art, c’est qu’il rend capable de discerner à coup sûr si l’esprit du jeune homme enfante une chimère ou une fausseté, ou un fruit réel et vrai. J’ai d’ailleurs cela de commun avec les sages-femmes que je suis stérile en matière de sagesse, et le reproche qu’on m’a fait souvent d’interroger les autres sans jamais me déclarer sur aucune chose, parce que je n’ai en moi aucune sagesse, est un reproche qui ne manque pas de vérité. Et la raison la voici : c’est que le dieu me contraint d’accoucher les autres, mais ne m’a pas permis d’engendrer. Je ne suis donc pas du tout sage moi-même et je ne puis présenter aucune trouvaille de sagesse à laquelle mon âme ait donné le jour. Mais ceux qui s’attachent à moi, bien que certains d’entre eux paraissent au début complètement ignorants, font tous, au cours de leur commerce avec moi, si le dieu le leur permet, des progrès merveilleux, non seulement à leur jugement, mais à celui des autres. Et il est clair comme le jour qu’ils n’ont jamais rien appris de moi, et qu’ils ont eux-mêmes  trouvé en eux et enfanté beaucoup de belles choses. Mais s’ils en ont accouché c’est grâce au dieu et à moi. »[1].

2-Analytique des Jeux de Langage  à propos de deux situations.

[1] PLATON Théétète  Garnier Flammarion 1967 p 71

 

 

 

 

 

 

 

Atelier de septembre 2012

L’atelier a été articulé en deux temps.

 

Premier temps.

Le travail s’est concentré sur cette citation de Thomas Samuel KUHN « Dans la mesure (non moins significative parce que incomplète) où deux écoles scientifiques sont en désaccord sur ce qui est problème et ce qui est solution, elles s’engagent inévitablement dans un dialogue de sourds en discutant les mérites relatifs de leurs paradigmes respectifs. ».[1]

 

A cette occasion, le concept de paradigme a été précisé. Surtout, en exploitation de cette remarque de Kuhn, la préférence ne devrait-elle pas ainsi être accordée  au paradigme du langage comme calcul dans un entretien (clinique) ? Ce dernier ne présenterait-il pas en effet ce double avantage : permettre de dégager le problème avec ses conditions de (non)possibilité des énonciations du locuteur, éviter autant que possible les présuppositions du clinicien à ce sujet?

Ainsi l’entretien ne serait-il pas mené essentiellement dans la perspective adoptée par le locuteur ? Le « problème posé » admis comme hypothèse de travail ne serait-il pas celui qui serait énoncé par ce dernier avec ses conditions de (non)possibilité ? Les différentes opérations, notamment la mise à l’épreuve du « problème posé »,  ne se dérouleraient-elles pas pratiquement dans le monde possible avancé par le locuteur ?

 

 

 

 

La question d’un entretien (clinique) réunissant plusieurs locuteurs avec différents points de vue a été aussi abordée ; Une modélisation en a été proposée en exploitation de la théorie (naïve) des ensembles. En admettant que deux patates représentent deux locuteurs (X1, X2) avec leur monde possible, une patate le clinicien (A) avec son monde possible, cela pourrait se montrer schématiquement de cette façon avec  P comme « problème posé » partagé :

 

 

Bien entendu une des difficultés d’un tel entretien ne consisterait-elle pas à circonscrire ce «problème partagé» ainsi que ses conditions de (non)possibilité? Un monde possible ne serait-il pas ainsi co-construit de concert?

 

 

 

Deuxième temps.

Analytique des Jeux de Langage à propos de deux situations.

 

 

 


[1] Thomas Samuel KUHN La structure des révolutions scientifiques Champs Flammarion1983 p156

Enregistrer

Enregistrer

Enregistrer

Enregistrer

Enregistrer

Enregistrer

Enregistrer

Enregistrer

Enregistrer

Enregistrer

Enregistrer

Enregistrer

Enregistrer

Enregistrer

Enregistrer

Enregistrer

Enregistrer

Enregistrer

Enregistrer

Enregistrer

Enregistrer

Enregistrer

Enregistrer

Enregistrer

Enregistrer

Enregistrer

Enregistrer

Enregistrer

Enregistrer

Enregistrer

Enregistrer

Enregistrer

Enregistrer

Enregistrer

Enregistrer

Enregistrer

Enregistrer

Enregistrer