jeudelangage.eu
langage modélisation interaction (clinique) dont la visée est la pertinence avec l'interlocuteur notamment, la caractérisation de l'objet de la transaction pour lui, en particulier les conditions de (non) possibilité de cet objet.
Psychothérapie?
Catégories: jeu de langage 3

 

 

 

 

 

(150512)- D’aucuns n’auraient-ils pas parlé de mythe à propos de «psychothérapie » en ces termes notamment : «(…) la maladie est un état biologique anormal. La maladie mentale (…) désigne un état qui n’est pas une maladie (…). Si le terme de psychothérapie désigne un type de relation, où l’un des partenaires écoute tandis que l’autre parle, alors ce terme est impropre et ne peut engendrer que la confusion dans les esprits. (…) hypnose, suggestion ou psychanalyse, quel que soit le nom que l’on veuille bien donner à cette prétendue psychothérapie, ne désigne jamais qu’un certain type de rapports verbaux entre individus. Le fait de les étiqueter sous le terme générique de «psychothérapie» ne peut être qu’un obstacle à leur compréhension. (…) La  psychothérapie doit être entendue comme un ensemble d’interrelations entre plusieurs individus communiquant au moyen de messages verbaux ou non verbaux. Autrement dit, la psychothérapie est une des formes que peuvent prendre les relations humaines, et en cela elle est comparable à l’amitié, au mariage, à la célébration d’un rituel religieux, à l’impact publicitaire, à la pédagogie.»[1]?

Plus loin ne serait-il pas soutenu «qu’employer à tout propos le terme de psychothérapie serait donc un signe important du dérèglement du langage médical» ?

Ce qui est communément appelé psychothérapie, cet «ensemble d’interrelations conditionnelles entre deux ou plusieurs individus communiquant au moyen de messages verbaux et non verbaux» ne constituerait-il pas tout simplement un jeu de langage?

Le langage n’y serait-il donc pas employé comme outil? Celui-ci n’interviendrait-il pas sur ce matériau: le langage?

Dans certains cas de figure, que viseraient cependant certains «types de rapports verbaux entre individus »? Un organe? Lequel? Le cerveau, le cœur, le foie, l’esprit, l’âme, la psychée…? Une connexion neurologique? Un souvenir? Un rêve? Un traumatisme? Une souffrance? Un fonctionnement? Un système?…

Comment une connexion neurologique, un système seraient-ils atteints aux fins de modification par cet «ensemble d’interrelations conditionnelles entre deux ou plusieurs individus communiquant au moyen de messages verbaux et non verbaux»? Grâce aux mots employés? Par quel mode opératoire donc? A moins que ce ne soit par l’effet d’un miracle?

Autant que possible, ce mode opératoire, ce miracle éventuel ne mériteraient-ils pas d’être tirés au clair, c’est-à-dire extraits de leur gangue mystique, spirituelle…? Ainsi les éventuelles différences entre les divers types «de rapports verbaux entre individus »: «amitié, mariage, célébration d’un rituel religieux, impact publicitaire, pédagogie, entretien»ne se verraient-elles pas?

Ainsi  les différences entre les divers entretiens dits cliniques ne se feraient-elles pas voir?

Ainsi les éventuelles spécificités d’un jeu de langage dont l’objet serait les conditions de (non)possibilité du problème posé par/au locuteur  ne se montreraient-elles pas ?

Car ce dernier type de «rapports verbaux entre individus » n’aurait-il donc pas très modestement, tout à fait clairement que cet objet là et rien de plus: le problème posé avec ses conditions de (non)possibilité tel qu’il est énoncé?


[1] Thomas SZASZ Le mythe de la psychothérapie Petite Bibliothèque Payot 1978 pp 10 27.

 

 

 ***

 

(240812)- Avec du langage comme matériau et le langage comme outil comment en effet parvenir à,  » modifier » un « système »,  « soulager » une « souffrance »,  « atténuer » un « traumatisme », « effacer » un « souvenir pénible »…?

Si toutes les conséquences sont tirées de la philosophie analytique, la philosophie érotématique, la philosophie théorétique etc (etc ne faisant que montrer une incapacité à citer les contributions de toutes les disciplines), les réponses à ces interrogations ne seraient-elles pas relatives à l’énonciateur, à son jeu de langage? D’où les guillemets autour de ces termes : modifier etc…?

Un tableau ne  s’effacerait-il pas grâce à une éponge mouillée, un chiffon qu’une main manipulerait? Ne me soulagerais-je pas du poids de mon sac en le déposant? Mais une « souffrance »? En la déposant? Telle ma besace ou telle une plainte au commissariat? Dire ma souffrance me suffirait-il et dans quelles conditions? Ces mêmes conditions, à supposer que cela soit possible, me suffiraient-elles?

Lorsque tu déposes une plainte à la gendarmerie: de quoi te sens-tu soulagé? Du fait d’avoir déposé la plainte? Du fait d’avoir été agressé? En quoi cela te soulage-t-il? En serait-il ainsi avec une psychologue? Gendarme et psychologue rempliraient-ils ainsi des fonctions identiques avec production d’un même effet, l’effet psychologique? Mais alors pour quelles raisons y aurait-il deux appellations?

En serait-il de même pour toi si tu écrivais ta déposition et que tu l’adressais au même organisme par la poste ou par internet?

Comment cet effet psychologique est-il produit pour moi? Par le simple fait que je parle et que l’autre (gendarme ou psychologue) écoute?

Et si l’écoute était le fait de mon ami, de la plombière, du chien de mon oncle…?

 

 

***

 

 

(260712) « c’est psychologique », « c’est psy », « c’est dans la tête »… : dans quelles conditions ce genre d’expression est-il employé? Les dites conditions ne montreraient-elles pas en quoi ce qui est désigné par le démonstratif s’appliquerait ou non pour le locuteur? D’autre part, ces mêmes conditions ne feraient-elles pas voir en quoi consisterait le qualificatif? Ainsi ne se verrait-il pas en quoi un effet serait « psychologique » ou non?

En serait-il autrement avec ces expressions: « c’est névrotique, caractériel, traumatique, psychotique, compulsif, pervers, abusif, intrusif, intuitif… »?

N’en serait-il pas de même pour ces locutions: « c’est bête », « c’est de la folie », « ce n’est pas très intelligent », « c’est tabou », « c’est de la sorcellerie »…?

Qu’est-ce que cela changerait si ces phrases étaient employées à la première personne, à la deuxième personne etc…: « je suis dingue, tu es nerveux, il est névrosé… »?

Les conditions pour lesquelles s’appliqueraient, « c’est psychologique », « c’est dans la tête » etc… ne montreraient-elles pas en quoi le langage serait un outil et un matériau et comment cet outil interviendrait ou non sur ce matériau?

Les conditions pour lesquelles ne s’appliqueraient pas,  « c’est psychologique », « c’est dans la tête » etc… ne laisseraient-elles pas saisir en quoi consisterait « l’effet psychologique »?

 

 

 

***

 

 

 

 

 

 

 

Catégories: jeu de langage 3 -

Laisser une réaction

Vous devez être connecté pour écrire un commentaire.